Penda Diakité

2 octobre 2018

Penda Diakité

Penda Diakité parle avec WE THE OUTLIERS de ses puissantes œuvres de technique mixte inspirées par sa perspective biculturelle

Où as-tu grandi ?

J’ai grandi entre Portland, en Oregon, et au Mali, en Afrique de l’Ouest, d’où vient mon père.

Comment t’es-tu intéressée à l’art ?

Mes deux parents sont des artistes, et j’ai passé une grande partie de mon enfance dans leur studio à travailler avec eux. J’ai toujours été attirée par la création ; cela a toujours fait partie de ma vie.

Comment décrirais-tu le contenu de tes œuvres ?

Je crée à partir de mes sentiments et expériences. Une grande partie de mon travail concerne les leçons que j’ai apprises au Mali ; le contraste entre la culture et les traditions maliennes et mon éducation dans les États Unis ; mes expériences en tant que personne biculturelle dans les deux mondes ; ma perspicacité de la façon dont les gens de couleur sont représentés dans les deux mondes ; et comment cela affecte notre monde dans son ensemble et en tant qu’individus.

Quel message souhaites-tu communiquer à ton public par le biais de ton art ?

Le travail d’un artiste est l’un des métiers les plus puissants car nous avons la capacité de transcender les barrières linguistiques. Les images sont une forme de communication qui vous oblige à penser de manière critique et qui évoque l’émotion d’une manière que les mots ne peuvent pas. Je cherche toujours à créer un travail qui pousse les gens à être introspectifs et qui crée une opportunité de voir à travers un autre objectif. Nous ne sommes qu’une parmi des millions d’autres personnes ; par conséquent, c’est une compétence importante de pouvoir entrer dans la peau de l’autre pour se comprendre.

D’où vient ton inspiration créative ?

Ma culture et mon éducation sont ma source d’inspiration numéro un. En tant que femme biculturelle, j’ai une perspective unique et beaucoup à dire. Parfois, les mots ne suffisent pas, alors je parle à travers mon art. J’essaie d’utiliser mon processus de création en tant que méditation, alors quand je travaille j’essaie de me concentrer uniquement sur cela. Je fais mon travail préféré et le plus honnête quand je suis en phase avec mes émotions. Ce que je ressens alimente ma créativité.

Quel est ton processus créatif ?

Mes œuvres sont de technique mixte, alors je travaille principalement avec de la peinture en aérosol, de l’acrylique et du collage. Je crée toujours sur planche de bois. Je travaille généralement sur plusieurs œuvres en même temps, toutes en différentes phases. Je suppose que cela témoigne du fait que j’aime tous les aspects du processus de création. Lorsque je travaille, je suis très en phase avec ce que je ressens à ce moment-là et je me concentrerai sur l’œuvre qui me passionne le plus à ce moment-là, quelle que soit la phase du processus.

Comment sais-tu quand une œuvre est finie ?

Je n’ai souvent jamais l’impression que mes œuvres sont finies. Je suis perfectionniste, alors je veux toujours ajouter ou modifier certaines choses. J’apprends constamment à prendre du recul et à laisser respirer les œuvres.

Whisperers
(Chuchoteurs)

Cabako

Ces deux œuvres parlent des leçons qui m’ont été inculquées à un jeune âge au Mali. Ils concernent la symbiose et la manière dont tous les êtres vivants dépendent les uns des autres pour exister. Il est important de reconnaître cela et d’aimer et de respecter non seulement les uns les autres, mais les plantes et les créatures qui nous entourent. Au bout du compte, nous sommes tous un.

Sur quels nouveaux projets travailles-tu ?

Je suis très enthousiasmée par ma prochaine exposition, ‘Made in America’, à la Substrate Gallery de Los Angeles (le 3 novembre 2018). C’est financé par la subvention The Dean Collection St(art)ups, une nouvelle subvention artistique lancée par le couple Swizz Beatz et Alicia Keys.

Merci, Penda.

Consultez le site web de Penda Diakité pour plus d’informations sur ses expositions à venir, y compris à Substrate Gallery et Junior High. Vous pouvez la retrouver aussi sur Instagram.


L’interview originale a été menée en anglais et a été modifiée en raison de la concision et la clarté