Ojima Abalaka

22 août 2018

Ojima Abalaka

WE THE OUTLIERS parle avec l'artiste nigériane, Ojima Abalaka, à propos de la sérénité de ses œuvres et du thème de l'identité nationale.

Comment es-tu entrée dans l’illustration ?

Avant, j’avais un blog intitulé « The Ramblings of a Dropout » où je parlais de choses aléatoires qui s’est passées pendant l’année sabbatique que j’avais suivie avant d’aller à l’université. Pour accompagner mes articles de blog, je faisais des croquis terribles qui s’amélioraient avec la pratique. J’ai arrêté les coups de gueule et j’ai continué à faire des croquis.

D’où vient ton inspiration ?

Partout : de la musique, des films, de la nature, des gens. Je suis aussi très intéressée par le quotidien et la banalité.

Comment décrirais-tu ton art ?

Calmant, suscitant des sentiments de tranquillité et de lenteur. Je m’intéresse à la façon dont les gens occupent l’espace, par exemple : comment quelqu’un s’assoit sur une chaise, comment son corps remplit ou ne remplit pas cette chaise, où il place ses bras.

Quels outils, techniques et méthodes utilises-tu ?

Généralement, je commence par un dessin au crayon sur papier que je numérise puis colorie en utilisant Photoshop. Je fais la plupart des détails avec un crayon sur papier, car je crois que ça me donne plus de contrôle. Récemment, j’ai expérimenté des crayons de couleur et essayé de les intégrer dans mon processus actuel.

Y a-t-il un message que tu veux transmettre à travers ton art ?

Pas vraiment, je suis très attachée à documenter le quotidien. Mais je suppose que c’est en soi un message : les choses ordinaires sont importantes et valent la peine. Je transmets ça à travers les sujets et les perspectives sur lesquels je choisis de me concentrer.

Comment tu transmets un sentiment d’identité culturelle ou nationale à travers ton art ?

Actuellement, à travers les sujets sur lesquels je me concentre. Je m’intéresse beaucoup à la culture populaire et visuelle nigériane, et j’essaie de laisser des choses comme le cinéma, la musique et le design nigérians inspirer à la fois les thèmes que j’explore et les choix stylistiques que je fais.

Before you became you

Je pensais beaucoup au moment où on devient vraiment la personne qu’on pense qu’on est, et si cela se produit vraiment, voire jamais. Je pense que nous sommes toujours en train de changer et qu’il est toujours difficile de dire avec certitude qu’on est un type particulier de personne. On peut se surprendre.

Madam The Madam (with boyz)

Je voulais me concentrer sur la représentation des « madames » à Nollywood. Elles sont généralement des femmes riches et puissantes qui sont toujours en contrôle ; je les aime. C’était amusant de jouer avec les tenues et les accessoires pour communiquer qui avait le pouvoir. Les « boyz » sont les employés fidèles de la madame, prêts à faire tout ce qu’elle leur dit. C’est un trope séculaire dans les films nigérians.

Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Je travaille sur une nouvelle illustration appelée « RnB Girls » et elle est inspirée par des chansons nigérianes intitulées avec le nom de femmes. Par conséquent, je fais une playlist de chansons et je les écoute depuis un moment. J’essaie de construire un récit inspiré par ces chansons et j’espère qu’elles dirigent le style de l’œuvre.

On a hâte de le voir ! Merci, Ojima.

Vous pouvez en savoir plus sur Ojima sur son site web ou sur Instagram


L’interview originale a été menée en anglais et a été modifiée en raison de la concision et la clarté